Qui est Jésus-Christ?
- Aug 4, 2025
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Updated: Aug 21, 2025
Jean 4. 1-14 et 10. 27.30
De tout temps la personne de Jésus a intrigué et interpellé. Déjà du temps de son
ministère terrestre. A plusieurs reprises, dans les évangiles, nous voyons les auditeurs de Jésus être perplexes et se poser toutes sortes de questions à son sujet.
Dans Matthieu 13,54, suite à l’enseignement de Jésus sur les paraboles du Royaume, il
nous est dit: Jésus enseignait dans la synagogue en sorte que ceur qui l’entendirent étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles.. N’est-ce pas le fils du charpentier ?...D’où li viennent toutes ces choses?
Ces questions, ces interrogations furent nombreuses et causèerent des troubles parfois
extrêmenment graves ! l’évangéliste Luc ajoute : ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu ‘ils entendirent ces choses. Et s’éant levés, ils le chassèrent de la ville et le menèrent jusqu ‘au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux s ‘en alla. (Luc 4.28-30).
Ce n’est pas seulement en Galilée, auprès de ceux qui connaissent sa famille que le
message et l’attitude de Jésus étonnent et scandalisent, c’est aussi le cas à Jérusalem. Dans le dixièmne chapitre de son évangile, Jean mentionne la réaction des auditeurs à son discours sur le bon berger: Il y eut de nouveau division parmi les juifs. Plusieurs d’entre eux disaient :ila un démon, il est fou; pourquoi l ‘écoutez-vous ? d’autres disaient : ce ne sont pas les paroles d’un démoniaque, un démon peut-il ouwrir les yeux d’un aveugle ?
Plus le ministère de Jésus prenait de l’ampleur, plus les questions sur sa nature se
faisaient pressantes: Un peu plus loin, dans le même chapitre l’évangile de Jean ajoute: C’était l’hiver et Jésus se promenait dans le temple sous le portique de Salomon. Les .Juifs l’entourèrent et lui dirent : jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspend ? Si tu es le Christ dis-le nous franchement (Jean 10 v.23-24)
Oui. Qui est Jésus en vérité? Cette question fondamentale a traversé les siècles. Elle
est la raison principale des premiers conciles dits oecuméniques au 4° et 5° siècle, et c’est encore une question d’actualité. Pour certains de nos contemporains Jésus est un grand saint au message de paix et d’amour qui a vécu il y a 2000 ans ; pour d’autres c’est un grand mystique que Dieu a accueilli comme son fils. l’écrivain français Ernest Renan parlait de Jésus comme «le doux rêveur galiléen ». L’éventail des opinions est très large et des livres affirment que Jésus est le premier socialiste, alors que d’autres essayent de prouver qu’il était le premier capitaliste. On a ainsi plusieurs Jésus, certains plus mystiques, d’autres plus philosophiques, d’autres encore, plus politiques
Qui est Jésus ? C’ est une question fondamentale. Tout notre salut en dépend ! Ainsi
que notre vision de l’Eglise. Et même du monde! Le théologien Karl Barth a écrit cette phrase à méditer : « dis-moi quelle est ta christologie (c’est-à dire ta doctrine du Christ) et je te dirai qui tu es.
Pour examiner comment la Bible répond à cette question, il est intéressant d’étudier la
rencontre de Jésus avec la femme samaritaine (Jean 4.1-26).
Dans ce passage que nous avons lu tout à l’heure Jésus se révèle d’abord comme humain et divin. Il est très humain en effet: Comme tout un chacun il est fatigué après avoir fait une longue marche et il a besoin de s’asseoir pour se reposer. C’est la margelle du puits qui lui servira de siège, Il est même si fatigué quil laisse ses disciples aller seuls au village acheter des vivres, car il a faim mais il n’avait probablement même plus la force de faire encore ce bout de chemin jusqu’ à la bourgade. Et puis, surtout il a soif car il fait chaud et c’est midi. C’est même la première demande qu’il adresse à cette femme inconnue qui vient puiser de l’eau: donne-moi à boire (v. 7).
Tout au long des évangiles nous voyons le caractère éminemment humain de Jésus : il
dort dans une barque, mème au plus fort de la tempête (fallait-il qu’il soit fatigué !}), il pleure quand il perd un de ses amis, et comme tout homme il apprend un métier, même un métier très physique, très masculin: charpentier.
Mais Jésus est aussi divin : A la Samaritaine qui s’étonne de sa demande, il répond: si
tu connaissais le don d Dieu et celui qui te parle, ilt’aurait donné de l’eau vive (v. 10) C’est, bien sûn, une allusion à cette parole du prophète Esaie: vous tous qui avez soif, venez aux eax. Venez, achetez. Mene celui qui n’a pas d’argent. (Es.55.1). Jésus se présente comme celui qui accomplit cette prophétie ! Et il précise même qu’il est bien au-dessus du patriarche Jacob, car lorsque la femme lui précise que ce puits est le puits de Jacob, Jésus répond: Quiconque boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boit l’eau que je lui donnerai n ‘aura jamais soif (v.14). Et quand la samaritaine parle du Messie, Jésus lui dit: je le suis, moi qui te parle (v.26).
Et puis Jésus est divin par la connaissance qu’il a de la vie de cette femme. En lui
disant tu as eu 5 maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari (v.18) Jésus manifeste une connaissance qu’un simple homme ne pouvait avoir.
La première chose que ce texte nous apprend c’est qu Jésus est pleinement homme et
pleinement Dieu. Mais pa 50% de chaque. Il est 100% homme et 100% Dieu. Et ces deux natures cohabitent en lui sans séparation ni confusion, sans transformation ni division comme l’expliquent les confessions de foi des premiers siècles. Ce message est une merveilleuse nouvelle.
Jésus est pleinement humain, il peut donc nous comprendre. Qui que nous soyons et
quoi que nous ayons pu faire car il a éé tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché (He.4. 15). Et comme il est pleinement divin, il peut vraiment nous pardonner car qui peu pardonner les péchés si ce n’est Dieu seul ? (Mc.2.7; lc5.21)
Nous avons donc un sauveur proche de nous, qui nous comprend pleinement et nous
sauve entièrement. Il est fondamental de comprendre cela. Jésus n’est pas un simple prophète ou un homme à la sainteté telle que Dieu l’a finalement adopté comme son fils. Non ! Jésus est pleinement Dieu de toute éternité, mais aussi pleinement homme. C’est ce que les théologiens appellent I’incarnation.
Jésus est aussi innovateur et conservateur.
Innovateur, il l’est, et même d’une manière radicale: Lui, un juif, parle à une samaritaine, ce qui ne se faisait jamais. Les juifs traditionnalistes évitaient soigneusement de traverser l Samarie pour ne pas se « souiller », avec des infidèles. Pour cela, quand ils se déplaçaient entre Jérusalem et la Galilée ils faisaient un énorme détour en traversant deux fois l Jourdain... Jésus, qui est pourtant un juif pieux, brise ce tabou.
Il en brise aussi un autre: A l’époque, jamais un homme ne s’adressait à une femme
dans un lieu public. O Jésus non seulement s’adresse à cette femme, mais lui demande un service ! La Samaritaine est étonnée et même choquée comme le montre sa réponse: comment, toi qui es juif. Me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?
Enfin, Jésus brise un troisième tabou: lui, un homme pieux et juste, s’ adresse à une
femme qu’il sait pécheresse et vivant dans ne situation conjugale irrégulière, ce qui était totalement impensable à l’époque.
On a de la peine aujourd’hui à imaginer la révolution que cette attitude représentait
dans les relations humaines, que de briser ces trois tabous.
Le tabou racial (entre juifs et samaritains)
Le tabou social (entre hommes et femmes)
Le tabou moral (entre « justes » et pécheurs)
N’est-ce pas un message d’une brûlante actualité ? E Christ nous sommes tous un,
nous sommes tous frères et seurs. L n’y a place pour aucun mépris, aucune ségrégation, pour aucun apartheid : nous sommes tous membres de son corps.
Mais, en même temps, Jésus est aussi conservateur. a cette femme interpelée par
la liberté de Jésus, il répond: vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des juifs (v.22) C’est-à-dire : nous avons reçu la Révélation, la Parole de Dieu. Elle est la Vérité et elle ne change pas.
Tout au long de son ministère et jusque dans son conflit avec les pharisiens et les
sadducéens – Jésus a respecté, suivi et authentifié tout l’Ancien Testament. II a d’ailleurs bien précisé; Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Il a même ajouté il ne disparaitra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre. (Mat.5. 1 7-18). Et quand on lui pose une question sur le divorce : est-il possible de répudier sa femme? Jésus répond: N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme (Mat. 19.4). Il répond donc en rappelant le plan créateur de Dieu tel que l’Ecriture l’enseigne. II n’adapte pas la Parole de Dieu à la morale du moment. C’est elle, I’Ecriture, qui fait autorité. Jésus ne prend aucune liberté face à cette Parole, car, par elle c’est Dieu lui-même qui parle. Il ne va donc pas l’adapter à la sauce contemporaine. Il ne va pas essayer de la « démythologiser » comme certains essayeront de le faire plus tard. II la reçoit vraiment comme la Parole de Dieu et il veut la mettre en pratique.
Ainsi Jésus fait une grande différence entre la tradition et la Révélation. II est
innovateur quand à la tradition, mais conservateur quant à la Révélation biblique. II est même extrêmement sévère envers ceux qui annulent la parole de Dieu au profit de leur tradition (Marc 7.13) on pourrait ajouter : que ce soit par la pensée à la mode ou la philosophie du moment.
Là aussi c’est un message extrêmement actuel, car nos traditions, qu’elles soient
musicales, liturgiques, sociales ou administratives peuvent changer, mais ce qui ne doit jamais changer, c’est ce que l’apôtre Paul appelle le bon dépôt (1Tim.6.20; 2 Tim 1.14) c’est-à-dire la Révélation biblique. tout essai de lui ôter son autorité, comme le font certains, ne peut être qu’une infidélité à cette Révélation.
Enfin, dans ce récit de la rencontre entre Jésus et la samaritaine, Jésus apaise et
dérange. Il va apaiser cette femme, il va lui donner cette eau vive à laquelle, secrètement elle aspire, il va la réconcilier non seulement avec elle-même, mais aussi avec tout son village.
Mais il va d’abord la bousculer : Va, appelle ton mari, lui dit-il (v. 16) Cette femme alors
ne peut plus cacher sa vie, ni utiliser des faux-fuyants ni déchappatoires.. elle est obligée de se dévoiler et d’être dans la vérité.
Oui, Jésus fait grâce, mais sa grâce n’est jamais à bon marché. Il va d’abord mettre le
doigt – Oh avec infiniment d’amour et de tact – sur le désordre et le péché de cette femme. IIl va l’amener à confesser ce qu’il y a au fond de son cœur. Et c’est cette confession qui va la libérer, et lui fera retrouver la communion des gens de son village et la rendre évangéliste!
Ce message est d’une très grande actualité. On parle beaucoup de la grâce
aujourd’hui, on aime rappeler I’amour infini de Dieu. Mais L’amour de Dieu, si grand soit-il, et sa grâce si profonde ne sont jamais synonymes de tolérance au mal, autrement, comme l’a si bien dit le pasteur martyr Dietrich Bonoeffer, c’est une « grâce à bon marché » qui ne change ni ne sauve personne.
Il y a là un des plus grands défis pour l’Eglise aujourd’hui car dans notre désir de
rejoindre nos contemporains, la tentation actuelle serait d’annoncer
Une grâce sans repentance,
Un amour sans fidélité
Une tolérance sans discipline.
Mais alors est-ce encore bien l’Evangile que nous annonçons ?
Notre responsabilité – et notre joie – c’est dannoncer Jésus tel qu’il se présente et tel qu’on le voit dans ce récit de la femme samaritaine.
Un Jésus proche des gens parce qu'il est humain, et qui peut vraiment sauver parce qu'il est divin.
Un Jésus qui apaise les cœurs brisés et donne une vie nouvelle à tous ceux qui viennent à lui dans la repentance.
Un Jésus qui respecte pleinement la Parole de Dieu et la met en pratique, et en même temps nous libère des tabous de nos traditions humaines.
Pour cela nous avons tous besoin d’une visitation du Saint-Esprit car, comme le dit
Jésus à la Samaritaine les vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité. Ce sont là les adorateurs que le Père demande (Jn 4.23)
Amen



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