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La Réhabilation de Pièrre

  • Aug 4, 2025
  • 9 min read

Updated: Aug 25, 2025

Luc 5,1-7; Jean 21. 1-19.

Peter - the fisher of men

L’expérience que Perre fait ici avec Jésus est certainement une des plus fondamentales

qui soient. Elle concerne Pierre, bien sûn, mais aussi chacun de nous.


Elle est même tellement importante que Jean n’hés ite pas à rajouter un chapitre à son

évangile après en avoir pourtant donné la conclusion, ainsi que le tut. Juste avant le récit que nous avons lu, Jean écrit – et c’es: la conclusion de son Evangile – Ces choses on: été écrites afin que vous croy iez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. Quelle belle conclus ion ! Que rajouter à cela ? Tout est dit. Et pourtant Jean rajoute encore ces versets. C’est comme si après avor terminé son ouvTrage et son témoignage il se disait : Mais il y a encore urie chose qu’il faut absolument que je transmette, qui est d’une importalice capitale. Et c’est ce chapitre que nous avons lu. Si Jean souligne ainsi zet épisode c’est, je pense, parce que Pierre est ici le frère ce beaucoup d’hommes et de femmes. Son expérience est souvent la nộtre.


Dans uelle situation Pierre se trouvait-il en ce moment ? Comment se sentait-il? Quels

étaient ses sentiments ? Tout nous laisse penser qu’il était un homne découragé, triste, abattu et même prêt à tout abandonner Certes, il a vu le Christ ressuscité, il a été au tombeau. IIa vu qu’il était vide Il a été dans la chambre haute et il a entendu l Christ ressuscité dire la paix soit avec vous. Et sa joie a été grande.


Mais d’un autre côté sa tristesse, et surtout son remords d’avoir renié, ont été d’autarit

plus douloureux. Car si Jésus n’était pas ressuscité cela aurait sinon justifié, du moins expliqué son reniement : il avait été trompé dans ses espérances. Il était tellement sûr que Jésus allait triompher de ses ennemis et établir son royaume, et voilà que tout son espor, toute son assurance s’est effondrée à Golgotha! Mais avec la Résurrection son ren ement devient injustifiable. Il a renié celui qui est la Vérité, velui qui est la Vie, celui que la mort même n’a pu retenir. EI Pierre, bourrelé de remnords, ne sachant que fare ni où aller, retourne en Glilée. Au bord du lac où il a grandi et où il a fait son apprentissage de pêcheur. Il erre comme une âme en peine dans ces Ieux qu’il conr ait bien et qu’il a parcouru tant de fois avec Jésus. Il repense à ces trois belles arnées qu’il a vécues avec le Maître. A cette formidable espérance qui l’animait... Mais maintenant...c’est toute sa nostalgie, son désarroi, son remords aussi qui s’expriment dans ces mots : Je vais pêcher.


Autrement dit : je reprends mon anc

ien métier. Je ne suis plus digne d’être un

disciple. Je suis disqualifié. Je rends les plaques et je retourne à nion ancienne vie. J’ai vécu tris belles années, mais je ne peux pas continuer. Je n’en suis pas digne...Et son découragement est contagieux, les autres disciples qui sont avec lui er qui partagent certainement ses sentiments car eux aussi ont tɔus abandonné Jésus au moment de son arrestation disent en choeur : Nous allons aussi avec toi. Cest impressionnant de voir que la résurrection de Jésus dont ils ont eté les témoins, loin de les transporter dans l’enthousiasme et la victoire:, leur révèle au contraire leur pauvreté, leur echec, et leur indignité.


Et voici que cette nuit-là, ils ne prirent rien comme dit notre texte. Même leur ancien

métier est un échec. Total. j’imagine la tristesse, l’angoisse et le désespoir de ces disciples, pêcheurs professicnnels pourtant, qui reviennent bredouilles au petit matin.


Et c’est là, dans son désespoir, son renords, sa honte et son sentiment d’échec, dans sa

tristesse et dans ses larmes, alors qu’il est tout au fond du trou, que Jésus rejoint Pierre. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage. Nous dit le texte.


Et c’est là aussi que Jésus vient nous rejoindre. Quand nous aussi nous sommes dans

l’angoisse ou les larmes, quand nous nous croyons disqualifiés, quand tel souvenir nous hante et que le remor ds nous habite, Jésus vient aussi nous rejoindre. Il est là, au petit matin. Et il est là ce matin, pour chacun de nous.


Et conment fait-il pour rejoindre Pierre, dans les profondeurs de son être ? Pour non

seulemen: le guérir, mais le réhabiliter ? Oh! Jésus ne fait aucun reproche à son disciple découragé. Mais Il ne l’épargne pas non plus; il va mettre le doigt sur son probème et son péché. Mais il va le faire avec un tel tact, une telle délicatesse, line telle doucer et un tel amour que Pierre pourra repartir la tête haute, sachant quil est vraiment pardonné


Jésus va faire revivre à son apôtre 4 instants décisifs de sa vie.


Tout d’ abord son appel

C’était trois années auparavant. C’était aussi au bord du lac. Aussi après une nuit où la pêche avait été intuctueuse et ou il était rentré bredouille et humilié. Jésus lui avait dit alors: avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pecher. Et ils avaient pris urne telle quantits de poissons que l’évangile de Luc précise qu leur barque enfonçait. Et c’est à cette occasi on que Jésus lui avait dit cette phrase qui avait changé sa vie : désormais tu seras pecheur d’hommes.


Et là sur le rivage, au petit matir, en refaisant le miracle de la pēche miraculeuse Jésus,

au fond dit à Pierre. : Tu te rappelles, quand je t’ai appelé, il y a trois ans, quanc je t’ai dit que tu deviendrais p³cheur d’homries et que je i’ai appelé à me suivre, je me suis engagé moi aussi envers to1.


Oui, tu m’as renié, j’en suis témoin Mais mon appel demeure, mes promesses aussi

demeurent. Je ne t’abandorne pas. Mon appel reste. Tu es tombé, certes. Gravement. Mais j’ai vu aussi tes larmes quand le coq a chanté. Je connais ton repentir et je suis là pour te pardonner et pour te relever.


Pierre se revoit 3 ans en arrière. Il entend encore ce que Jésus lui avait dit alors et à

quoi il a souvent pensé depuis. Surtout ces derniers temps. Et il est tout bouleversé. Quoi? Est-ce possible ? Est-ce psossible que je ne sois pas disqualifié ? Est-ce possible que Jésus ne me rejette pas ? Il est même telleme: 1t bouleversé que son esprit se brouille et ue ses yeux se rernplissent de larmes et il faut que Jean lui soulle à l’oreille : C’est le Seigneur. (v.7). Alors, n’y tenant plus, il se rhabille à toute vitesse et se jette à l’eau pour rejoindre son Seigneur. Sans même se préoccuper de terminer la pêche.


Mais en arrivant sur le rivage, il reçoit comme un choc. Un brasier est allumé. Il fait

encore sombre, le journ’est pas encore tout-à-fait levé, et Pierre ne peut pas ne pas penser å cet autre brasier, dans la cour du souverain sacrificateur à Jérusalem où il se chauffait quelques semaines auparavant un certain vendredi matin très tôt et où, tout en se réchauffant, il avait par trois fois renié son maître. Il youdrait tellement chasser ce souvenir. Oublier ses paroles qu’il avait dites auprès de ce brasier et dont il a tellement honte et qui lui ont ait verser depuis tant de larmes. De larmes amères comme dit le texte biblique. Et voilà qu’elles lui reviennent à la mémoire, plus violentes que jamais. Et entre Jésus et lui il y a ce brasier du reniement qui lui remémor: plus que jama is son péché.


Mais Jésus ne dit rien. Pas un mot pour rappeler cet évènement. Il e laisse seul avec

ses souvenirs, son remords et sa honte, Poutant, si. Jésus dit deux mots. Deux mots que Pierre a déjà eitendus, un certain soir, dans la chambre haute : Venez, mangez. C’est comme si Jésus lui disait : Pierre, oui, tu m’as renié. C’est Vrai. Oui, ce brasier te rappelle ta faute et tu as mal, mais te rappelles-tu ce que je vous ai dit quand j’ai institué la Cère dans la charnbre haute : Ceci est mon corps qui est donné pour vous. Te rappelles-tu ce que je vous ai dit quand je vous ai présenté la coupe: Ceci est mon sang qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Là je vous ai donné le signe, le gage, la preuve de ma grâce et de mon pardon. Fierre, souviens-toi de la Cène dans la chambre haute. Oui, tu m’as renié, et ton reniement est grave. Mais plus réel encore que ta faute est ma grâce, plus grand encore que ton péché est mon pardon. Toi qui ne voulais pas que I’aille à la croix, comprends-tu maintenant ? C est là que j’ai porté, que j’ai expié tout ce qui te tourmente et te pèse. Pierre, comprends-tu maintenant ce que j’ai dit autrefois à Capernaüm : mon corps est vraiment une nourriture, mon scng est vraiment un breuvage. A la Croix j’ai porté ta faute, mon sang purifie de tout péché. Tu peux recevoir Ine vie nouvell.


C’est alors, mais alors seulement que Jésus lui pose la grande question : M’aimes-tu? Autrement cit, regarde à mon amour, à mon pardon. Cesse de ne penser qu’à ta faute, arrête de croire que tout est perdu et que ton seul avenir est de retourner à ta vied’avant. Arrste de ruminer tes erreurs et de te croire disqualilié. Regarde non plus en arrière, età ce que tu as fait, mais regarde à moi, à ma grâce, à mon amour. Pierre, je t’aime et je te le prouve ce matin. Regarde à ce que je veux faire pour toi et avec toi. Pierre, m’aimes-tu? Alors, bien sûr Pierre répond : « Oui Seigneur, tu sais que je t’aime » Mais Jésus insiste. Il pose la question une deuxième fois, puis une troisieme fois. Pierre alors, nous dit le texte est attristé car il comprend que ces irois questions se rapportent à ses trois reniements. Mais il comprend aussi que Jesus pose ces trois questions pour effacer ses trois reniemerits. Et Pierre, entin voit sa vie en face, son échec, sa faute, son reniement. Toutes ses illusions sur lui-même tombent. Mais il voit aussi et surtout la grâce de Jésus, le pardon de Jésus, la vie nouvelle de Jésus et il répond: Tu sais, toutes choses, tu sais que je t’aime. Tu sais qui je suis, tu me connais jusqu ‘ai fond de moi-même. Tu sais que je ne suis pas digne de délier la courroie de tes chaussures, comme le disait Jean-Baptiste; que je ne suis pas digne non plus que tu entres chez moi. Mais tu m’as aimé, tu m’as pardonné, Je sais maintenant que tu as porté mes péchés sur le bois. (C’est en effet ce que Pierre écrira dans sa première épître. Chapitre 2.v.24. Et en écrivant cela il ne pouvait pas ne pas penser à son reniement). Oui. Je

Sais que tu m’as aimé au point d’aller à la Croix pour moi, c’est pourquoi maintenant, dans l’humilité je peux te dire. Tu sais toutes choses, tu sais quė malgré toutes mes faiblesses et mes égarements : je t’aime.


Et ainsi, Jésus rétablit Pierre, guérit Pierre de ce cancer intérieur qui le ronge. II le

rétablit dans sa dignité de disciple et lui dit simplennent, le même appel qu’au premier jour. Suis moi. Et c’est un Pierre guéri, réhabilité qui pourra vire Pentecôte. Quelle différence en effet entre le Pierre de la Pentecôte qui s’adresse avec courage, foi et conviction à une foule de plusieurs milliers de personnes et le Pierre découra gé qui retourne pêcher et ne prend rien. Ce récit est non seulement la guérison de Pierre, mais sa préparation à Pentecôte, car pour qu’il soit rempli de l’Esprit, il faut d’abord qu’il soit vidé de son orgueil. De sa suffisance comme de son désespoir et de son sentiment d’incapacité.


Et c’es: aussi ce que Jésus veut fair: avec chacun de nous. Dieu veut encore répandre

son Esprit sur son Eglise. Elle en a d’ailleurs tellement besoin aujourd hui où toutes rios communautés passent par des temps difficiles. Mais peut-être que le Seigneur veut préalabl ement nous peimettre de revivre avec Lui tel évènement qui nous a fait mal, telle expérierice douloureuse, təlle désobéissince peut-être dont nous avons honte. Tel problème qui nous empêche d’être libres. Et il veut nous prendre par la main etil nous dit : vieris, n’aie pas peur. Avec moi tu peux revivre tout cela car j’efface, je pardonne, je guéris au fur et à mesure, comme avec Pierre


Je ne peux lire ce texte sans penser à ce que nous avons vécu avec un groupe il y a

quelques années à ce même endroit Taghba, au bord du lac de Galilée. C’était le matin aussi. Le lac était calme. Sur le rivage, une barque de pécheur faisait immanquablemient penser à Pierre. Nous avons lu le texte. Et là, au bord du lac, le Seigneur nous a visités. Certains, notamment des jeunes qui sont aujourd’hui pères ou mères de famille, ont dit aussi, à la suite de Pierre: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime.


Mais il n’ est pas besoin d’être au borcl du lac de Galilée pour vivre cela. On peut le

vivre n’importe où. Et si aujourd’hui, en ce dimanche, nous disions tous, à notre tour. Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime.


Amen

 
 
 

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