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La joie et la tristesse de l’apôtre Paul

Updated: Aug 25, 2025

Romains 8. 31b-39 et Romains 9.1-5


Comment comprendre ces deux passages de l’épitre

Aux Romains que nous venons de lire ? Ne sont-ils pas

Contradictoires ou même carrément opposés ?


Le premier est un cri de louange de l’apôtre Paul.

C’est même un extraordinaire hymne à la joie, tout remplid ’enthousiasme et de reconnaissance. On sent Paul bouleversé jusqu’au plus profond de lui-même et qui n’a pas assez de mots pour dire son émerveillement qui dépasse tout ce qu’il avait pu même imnaginer : Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?..J’ai l’assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur... Dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.


Et puis, juste après sans aucune transition – lem ême Paul écrit :j’éprouve une grande

tristesse et j’ai dans le cæur un chagrin continuel. Et pour bien montrer qu’il ne divague pas et qu’il n’exagère pas, mais qu’au contraire ce qu’il dit est l’exacte vérité il ajoute solennellement : je ne mens pas et il prend à témoin – et quels témoins- à la fois sa conscience, le Christ et le Saint-Esprit : je dis la vérité en Christ, ma conscience m’en rend témoignage par le St-Esprit.

(Ro.9.1)


Nous ne remarquons pas toujours 1'opposition qui existe entre ces deux passages, car

dans nos Bibles l'émerveillement de l'apôtre, son hymne à la joie comme nous disions au début est la fin du chapitre 8 de l'épitre aux Romains tandis que le rappel de sa tristesse est le début du chapitre 9. De plus, entre les deux, nos Bibles rajoutent des titres, des sous-titres ainsi que des références si bien que nous pensons que ce sont deux moments ou deux épisodes differents. Mais Paul n'écrivait pas en chapitres, ni en rajoutant des sous-titres. Les manuscrits que nous avons montrent bien qu'il s'agit d'un seul et même développement. Il n'y a pas de césure entre les deux !


D'où vient donc cette double réalité chez l'apôtre:

L'extraordinaire hymne à la joie d'une part un des plus beaux passages du Nouveau Testament - et la tristesse continuelle d'autre part ? Comment l'apôtre peut-il les vivre ensemble ? Cela a-t-il un enseignement pour nous, et si oui, lequel?


Paul, qui s'appelait encore Saul de Tarse au moment des faits, a vécu un véritable

tsunamisur le chemin de Damas. Un tsunami physique d'abord quand il a vu, selon ses propres dires une lumière venant du ciel et dont l'éclat surpassait celui du soleil (Ac. 26.13) De plus, il a entendu une voix qui l'interpellait. Il en a été tellement bouleversé qu'il est tombé par terre et lorsqu'il s'est relevé il été devenu aveugle. Mais plus encore qu'un tsunami physique, ce fut encore plus un tsunami spirituel et moral: toute sa fierté et son orgueil de pharisien sérieux et zélé, de théologien brillant qui connaissait 1Ancien Testament quasiment par cœur est aussi tombé par terre ! Qui es-tu Seigneur? répond-il à la voix qui l'appelle, en avouant son ignorance (Ac.9.5) Oue veur-tu que je fasse? demande-t-il encore dans une démarche d'humilité dont il n'avait certainement pas une grande habitude.


Et Dieu va répondre très vite à ces deux questions. A Damas, Paul rencontre d'abord

Ananias, puis les autres disciples présents dans la ville, (ceux-là même, je pense, qu'il était venu arrêter !) Et leur témoignage va bouleverser le futur apôtre. Que nous dit le texte biblique ? Saul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas. Et aussitót il prêcha dans les synagogues que Jésus est le fils de Dieu (Ac. 9.20) Et le texte précise: Paul confondait les juifs qui habitaient Damas, démontrant que Jésus est le Christ. (Ac.9.19-22).


Il a donc suffi de quelques jours pour que Paul change ainsi fondamentalement!

Comment comprendre que cet homme « au grand savoir » selon l'expression de Festus, le gouverneur romain de Judée (Ac.26.24) se laisse si facilement et si complètement convaincre?


Ca me fait penser à un cher ami juif, ancien étudiant dans une yeshiva, 1'équivalent

d'une de nos facultés de théologie. Il m'a raconté son parcours peu banal : au cours de ses études il a désiré savoir ce que les chrétiens croyaient et enseignaient. Pour cela il s' est procuré un Nouveau Testament., livre qu'il n'avait jamais lu. En le lisant il a été bouleversé bien au-delà de ce qu'il avait pensé. «Dès le début de ma lecture, m'a-t-il confié, tout était nouveau pour moi dans ces récits évangéliques; mais en même temps, en lisant ces pages je me suis senti chez moi, et très vite je me suis dit : Les prophéties se sont accomplies; le Messie est venu, et c'est là, tout seul, en lisant le Nouveau Testament, je suis devenu chrétien tout en restant juif, car j'ai réalisé que les promesses faites aux patriarches, et les prophéties annoncées par les prophètes s'étaient réalisées.


C'est au fond ce que dit Paul dans les versets 4 à 5 du chapitre 9 des Romains : mes

freres ceux de ma race, sont les membres du peuple de Dieu. Dieu a fait d'eux ses fils et leur a accordé sa présence glorieuse; il a conclu ses alliances avec eux et leur a donné la loi, le culte, les promesses; ils sont les descendants des patriarches et le Christ, en tant qu'tre humain, est de leur race, lui qui est au dessus de tou, Dieu loué pour toujours. (Ro.9. 4-5). En écrivant cela Paul a compris, par le témoignage d'Ananias et des autres disciples présentt à Damas que le christianisme naissant ne voulait pas supprimer l'Alliance du Sinai ni la loi de Moise pas plus que le message d'aucun des prophètes. Mais au contraire, que tout ce qu'annonçait lAncien Testament se trouvait accompli et réalisé en Christ.


Nous avons là un premier enseignement extrêmement important : ce qui a convaincu

Paul si rapidement ; ce qui a fait de lui un témoin puissant capable de « démontrer » comme dit le texte d'Actes 9.22 que Jésus est le Messie, c'est qu'il ne s'appuyait pas uniquement sur des émotions ou des temoignages personnels, mais principalement sur les Ecritures. Les Actes des apôtres nous disent la même chose à propos d'Apollos à Ephèse. Lui aussi démontrait par les Ecritures que Jésus est le Christ. (Actes 18.28)


Personnellement j'aurais bien aimé assister à une de ces rencontres d'évangélisation

de Paul à Damas ou d'Apollos à Ephèse. Quels étaient leurs arguments de démonstration ? Quels passages de l'Ancien Testament utilisaient-ils ? C'est je crois une des choses qui manque le plus dans nos essais de témoignage et d'évangélisation. On privilégie souvent des témoignages émouvants d'hommes ou de femmes qui ont vécu des choses bouleversantes. C'est juste et c'est bien d'avoir de tels messages, mais si nous voulons que notre évangélisation porte des fruits solides et engendre des chrétiens fermes dans leur foi, il faut que cette foi repose non seulement sur des émotions, mais aussi sur le fondement de la Parole de Dieu. C'est une des choses les plus importantes que j'ai apprises à la Ligue pour la lecture de la Bible. Je me rappelle ces rencontres de formation au témoignage et à l'évangélisation en Angleterre où le responsable insistait sur l'importance d'avoir une teaching evangelism comme il disait, c'est-à-dire une évangélisation qui soit aussi un enseignement biblique. C'est la seule manière pour que notre foi ait des racines solides et profondes. C'est une des choses, je crois, que notre génération doit retrouver : une évangélisation basée sur la Parole de Dieu et suivie par des études bibliques.


Je me rappellerai toujours un camp de la Ligue vécu au Ghana, il y a maintenant bien

des années. Le directeur du camp était le commodore, c'est-à-dire vice amiral, Philemon Quaye, président de la Ligue au Ghana. Après le camp, j'ai passé chez lui quelques jours et il m'a emmené un matin à son quartier général pour assister à l'étude biblique qu'il présidait chaque semaine. C'était sur le prologue de 'évangile de Jean. I l'a très bien expliqué, verset par verset et quand il est arrivé au verset 12: A tous ceux qui l'ont reçue, (la lumière qu'est le Christ) elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu il a arrêté sa lecture, s'est tourné vers tous les officiers de son état major et il leur a dit : Est-ce que vous êtes devenus des enfants de Dieu? Silence, puis il a continué à commenter le texte et a terminé l'étude.


Je suis parti ému et émerveillé de cette étude biblique. Mais je n'étais pas au bout de

mes surprises : le soir même, juste avant le repas, alors que le Commodore venait de rentrer de sa journée de travail, on sonne à la porte. Cétait un officier anglais de son état-major. Et j'ai assisté à une scène que je n'oublierai jamais: cet officier britannique a très vite dit ceci : Commodore, vous m'avez ému ce matin. J'ai toujours été un chrétien tiède qui ne s'intéressait que de loin aux choses spirituelles, mais vous avez dit ce matin qu' on peut devenir un enfant de Dieu. Dites-moi, que faut-il faire pour le devenir ? Et là, devant moi, j'ai assisté à un entretien très émouvant où, Bible en mains, cet officier noir., expliquait à un officier blanc, comment on peut devenir un enfant de Dieu en accueillant Jésus-Christ dans son cœur.


A new home.

Cette réalité d'une évangélisation à la foi témoignage personnel et enseignement

biblique, explique aussi, je crois, ce double sentiment de l'apôtre Paul dont nous parlions au début. Cette joie débordante, et cet enthousiasme contagieux d'une part et en même temps ce chagrin et cette tristesse d'autre part : Qu'est-ce qui bouleverse et enthousiasme à ce point Paul pour qu'il écrive cet hymne à la joie de la fin du chapitre 8 des Romains ? Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. J'ail'assurance qu'aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu. Paul a découvert avec émerveillement ce qu'il ne soupçonnait même pas, mais au contraire le faisait réagir avec violence: l

'élection d'Israel n'est pas supprimée par la venue de Jésus, au contraire, elle est étendue à toutes les nations. C'est l'extension de la Grâce au monde entier. C est donc l'accomplissement des prophéties, c’est le triomphe total et définitif de Dieu, et Paul n’a pas de mots assez forts pour exprimer sa joie, sa reconnaissance et sa louange.


Mais en même temps Paul pense aux siens restés dans ce légalisme étroit qui était le

sien et qui n’ont pas compris l’extension merveilleuse du plan de Dieu à la création tout entière. Qui portent encore, comme lui les avait portés si longtemps des écailles et sont aveugles en ce qui concerne la grâce et l’amour de Dieu qui a donné son Fils afin que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle. Comme dit l’apôtre Jean. Et cet aveuglement, cette incrédulité lui cause un chagrin tel, qu’il préfèrerait, même être exclu de la grâce, pourvu que le plan d’amour et de salut de Dieu s’accomplisse aussi pour son peuple.


Là aussi, je crois, il y a un grand enseignement – et même un double enseignement –

pour nous aujourd’hui. Comment comprenons-nous, comment réagissons-nous à la venue de Jésus, le Fils de Dieu, et à son œuvre de salut pour le monde ? A son amour pour tous les êtres humains, à sa mort sur la Croix, à sa Résurrection et à la promesse de son retour en gloire? Paul, lui, en est bouleversé et il ne peut supporter l’idée que certaines personnes soient aveugles ou endurcies au point de négliger un si grand salut comme dit l’épitre aux Hébreux (Héb.2.3). Paul serait même prêt à tout, y compris à être exclus de la grâce, pourvu que le plan d’amour de Dieu s’accomplisse. L’évangélisation pour lui, n’est pas une option parmi d’autres. II dit aux Corinthiens : la nécessité m’en est imposée, et il ajoute: Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile (1 Cor. 9. 16). Oui, face à l’amour de Dieu qui a envoyé son Fils pour moi, comment est-ce que je réagis ?


Et en pensant à cet amour de Dieu pour tous les hommes, quels qu’ils soient et d’où

qu’ils viennent, comment moi est-ce que j’aime mes semblables, mes contemporains, à commencer par mes voisins ? Là aussi Paul est prêt par amour pour son peuple, à être exclu de la grâce si cela pamener les siens à accueillir l’amour de Dieu. Je pense ici à une des figures les plus attachantes de la Réforme du 16 siècle: John Knox, 1’écossais, qui est une des 4 figures centrales du mur des Réformateurs à Genève. Son amour pour son Sauveur et pour son peuple était tel que sa prière à Dieu, qui était aussi son mot d’ordre était : Seigneur donne moi l’Ecosse où je meurs. Et malgré des difficultés inouies et l’opposition farouche de la reine d’Ecosse, Marie Stuart, il réussit à faire triompher la Parole de Dieu dans son pays. Si vous allez aujourd’hui à Edimbourg, on vous montrera la maison de John Knox qui reste une des figures de référence de l’Ecosse.


Alors, je sais bien, tout le monde n’est pas John Knox et encore moins l’apôtre Paul,

mais ce que je demande à Dieu pour moi – et pour chacun de nous – c’est que là où nous sommes, avec les dons qui sont les nôtres, nous puissions avoir ce même émerveillement devant l’amour infini et la grâce toute puissante de Dieu. Dans un monde troublé et en proie à une angoisse profonde puissions-nous avoir la même assurance que rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ et que nous aussi puissions à notre tour, et avec nos mots, chanter comme Paul un hymne à la joie de se savoir dans les mains d’un Dieu d’amour qui nous ainme tels que nous sommes.


Et je demande aussi à Dieu, pour moi et pour nous tous un amour renouvelé pour nos

contemporains. Je ne sais pas s’il faut souhaiter un chagrin continuel comme ce que dit Paul devant l’indifférence ou même le refus de l’Evangile que nous voyons souvent autour de nous, mais comme l’apötre nous ne pouvons pas nous contenter de jouir de la communion avec le Seigneur et du salut qu’il nous accorde sans penser à tous ceuX, autour de nous, qui sont comme dit Paul aux Ephésiens sans espérance et sans Dieu dans le monde. (Eph. 2.12). Seigneur, renouvelle notre amour pour les hommes et les femmes que tu aimes et pour lesquels tu es venu dans le monde. Je crois que cette joie et cette tristesse concomitantes dont parle Paul dans ces chapitres 8 et 9 de Romains sont sources de vie pour nous et nos Eglises.


En relisant récemment les Actes des Apôtres et les épitres j’ai été frappé tout à

nouveau du dynamisme et de la croissance des premières communautés chrétiennes. Je crois qu’ une des rasons principales est précisément dans ce qu Paul décrit ici, sa joie profonde et contagieuse de connaître I’amour et la grâce de Dieu ainsi que la tristesse et le souci de voir les hommes et les femmes autour de lui si aveugles et sourds à ce que Dieu veut faire pour eux.


Que Dieu nous donne à la fois cette joie contagieuse de l’assurance du salut et cette

tristesse et ce souci face à l’indifférence autour de nous. Oui, que Dieu nous visite pour que, comme Paul le dit tout au début de sa lettre aux Romains, nous aussi nous n’ayons pas honte de l’Evangile, c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit.


The olive tree.

Il y a enfin un ultime enseignement et non des moindres – dans ce passage; c’est le

lien indissociable et indissoluble qui existe entre Israël et l’Eglise. Lien non pas politique bien sûr, mais spirituel et théologique. Paul va l’expliquer longuement dans les chapitres 9 à 11 de cette épitre aux Romains. Nous y reviendrons cet après-midi et demain. Nous qui étions comme un olivier sauvage, nous avons été greffé sur l’olivier naturel qu’est Israël. Nous n'avons pas à nous enorgueillir car, rappelle Paul, Ce n’est pas toi qui porte la racine, mais c’est la racine qui te porte. (Ro.11.18). C’est aussi pour ce peuple sur lequel nous avons été greffé que se porte notre prière.


Amen

 
 
 

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