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L'évangélisation de l'Afrique et son l'enseignement pour aujourd'hui.

Updated: Aug 25, 2025


How Africa became evangelized

L'évangélisation de l'Afrique a commencé très tôt: le jour même de Pentecôte puisque

parmi la foule qui écouta l'apôtre Pierre il y avait des Egyptiens et des Libyens. (Actes 2.10). Le diacre Philippe évangélisa et baptisa, un ministre éthiopien (Actes 8.26-40). Il y eut même très tôt des responsables africains puisque sur les cinq prophètes et docteurs de 1'église d'Antioche, deux étaient africains : Lucius de Cyrène et Siméon surnommé Niger (donc Noir). IIs étaient même les collaborateurs directs de l'apôtre Paul (Actes 13.1.)


Le christianisme se développera ensuite très vite en Afrique du Nord. Vers 1'an 200,

Tertullien, de Carthage, un des plus importants « Pères de l'Eglise » postapostolique pouvait écrire en apostrophant les paiens: Nous ne sommes que d'hier, et nous remplissons tout : vos villes, vos iles, vos châteaux, vos bourgades, vosconseils, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum. Nous ne vous laissons que vos temples. Il écrivit cela alors que les chrétiens subissaient de terribles persécutions.


C'est à cette époque qu'eut lieu en Afrique du Nord un des épisodes les plus

émouvants et les plus glorieux du long martyrologe chrétien : En l'an 203, Perpétue, jeune fille noble de 22 ans et Félicité jeune esclave, enceinte et sur le point d'accoucher furent condamnées à mort pour leur foi. Comme une loi romaine interdisait de mettre à mort une femme enceinte, on attendit que Félicité accouche avant de la livrer aux bêtes. Et le 7 mars 203, La jeune esclave Félicité allaita une dernière fois son bébé, puis fut, avec Perpétue livrée aux bêtes dans l'amphithéâtre. Les persécutions, ordonnées par l’empereur de Rome, ne Faiblirent pas et le 14 septembre 258 c’est 1’évêque de Carthage lui-même, un autre Père de l’Eglise très important : St Cyprien, qui sera condamné à tre décapité. Mais l’Eglise résistera admirablement à tel point que Tertullien écrira cette phrase célèbre : le sang des martyrs est une semence de chrétiens.


Près de deux siècles plus tard, vers 1’an 400, il y avait, rien qu’ en Afrique du Nord 500

diocèses, donc 500 évêques, et 3500 églises représentant le 20 % de toute la chrétienté d’alors et qui comptait parmi ses évêques Saint-Augustin, le plus grand de tous les Peres de lEgise.


Pourtant, malgré son nombre, sa force et la science de ses théologiens, cette Eglise

d’Afrique du Nord n’a pu résister à la double invasion des Vandales d’abord, puis des Arabes, et aujourd’hui, de toute la gloire d’autrefois, il ne reste que des ruines.


Près de 10 siècles plus tard, un autre essai d’évangéliser l’Afrique fut plein de

promesses : Les Portugais qui venaient de débarquer sur les côtes de l’actuelle Angola, près de l’ embouchure du fleuve Congo, découvrirent un royaume important et bien organisé dont ils firent des rapports enthousiastes. C’était le Royaume du Kongo, avec sa capitale Mbanza Kongo située dans l’actuelle Angola, près de la frontière congolaise, située à peu près à mi distance entre les villes actuelles de Luanda et Kinshasa.


Des missionnaires furent envoyés et en 1491 (soit un an avant la découverte de

l’Amérique) le futur roi, qui régna de 1506 à 1543, fut baptisé sous le nom d’Afonso 1°r. En 1 506, 1’année même où il monta sur le trône il envoya son fils étudier à Lisbonne où il fit de brillantes études. Celui-ci, en 1513, à l’âge de 18 ans prononça un discours en latin devant les cardinaux réunis à Rome. En 1518 – à l’âge de 23 ans – il fut nommé évēque titulaire d’Utique «in partibus infidelium. » Sous le règne d’Alfonso 1, le nom de la capitale Mbanza-Kongo fut changé en San Salvador et 6 églises dont une cathédrale furent construites.


En 1596 le pape Clément VIII institua le diocèse Congo Angola et, de 1599 à 1624,

quatre évêques portugais s’y succédèrent. Des missionnaires capucins fournirent des statistiques impressionnantes sur le nombre de baptêmes : 341 000 sur une période de 28 ans pratiqués par 37 missionnaires. Le Père Cherubino de Savona affirme même avoir baptisé 700 000 (!) Congolais entre 1759 et 1774.


Pourtant tout ce travail va – lui aussi être complètement balayé ; et quand les

missionnaires de l’époque moderne arrivèrent dans cette région en 1879 ils ne trouvèrent comme vestige du Christianisme que le signe de croix, mais pratiqué dans le cadre du fétichisme!


Pourquoi ces 2 échecs ? Aux premiers siècles de notre ère, I’Eglise d’Afrique du Nord

était nombreuse et illustrée par de très grands théologiens. L’Eglise missionnaire du royaume du Kongo avait de puissants appuis politiques, tant portugais que locaux. Et pourtant il n’en est rien resté.. Parmi toutes les raisons qu’on peut invoquer (hérésies, divisions en Afrique du Nord, connivence avec le trafic d’ esclaves du temps des Portugais, etc.) Il est deux raisons très importantes qu’il est important de souligner actuellement :


1. L’Eglise était étrangère au peuple. Dans les premiers siècles, l’Eglise était essentiell

ement de culture et de langue latine. Les colons romains étaient nombreux, C’était une Eglise sans grand enracinement dans la culture locale berbère. Il semblerait même que Saint Augustin avait besoin d’un interprète pour se faire comprendre de la population autochtone.

Aux 15°-17° siècles c’était encore pire. Ce furent surtout ceux qui étaient en contact

d’affaires avec les Portugais (i.e. entre autres le trafic d’esclaves) qui furent influencés par le christianisme, mais celui-ci resta étranger au peuple autochtone. Et quand les conditions économiques et politiques changèrent, tout disparut.


C’est la première constatation qu’ on peut faire : Une Eglise qui n’a pas de vraies

racines dans le peuple, et qui reste importée ne survit pas. Une Eglise dont le langage, la prédication, la liturgie, les chants ne sont pas enracinés dans la culture locale, un jour disparait...ou alors elle se mélange avec les coutumes et les spiritualités païennes locales... (l’exemple de certains pays d’Amérique du Sud est éloquent) Certes, il faut se garder du syncrétisme, mais il faut que le message de l’évangile éternel soit dit, vécut, chanté dans des catégories que le peuple aime et comprend.


2. La deuxième raison de l’échec des deux premières tentatives d’évangéliser I’Afrique

est l’absence de Bibles dans les langues locales. Dans les premiers siècles la Bible avait bien été traduite en Latin (la fameuse Vulgate), mais pas dans les langues locales d’Afrique du Nord comme le berbère. Et le peuple qui ne parlait pas Latin comment pouvait-il la lire ? Il en fut de même, plus tard, au Royaume du Kongo. Comment la foule de ces baptisés pouvait-elle s’enraciner dans la Parole de Dieu?


Ainsi, privée de racines populaires et bibliques l‘Eglise d'Afrique du Nord ou du

Congo malgré ses brillants orateurs et ses grands théologiens, n’a pas survécu. Inversement quand l’Eglise a des racines populaires et possède la Bible dans sa langue, elle peut résister aux pires persécutions commne l’exemple arménien, copte et syriaque le prouve. La Bible avait en effet été traduite dans ces trois langues dès l’antiquité. Et en Arménie, (L’Arménie est même le tout premier pays à avoir officiellement accepté le christianisme, en l’an 300) ; en Egypte (le mot copte veut dire égyptien), et dans la région Syrie-Liban-Irak, le christianisme s’est maintenu malgré des siècles de persécutions.


L’exemple de la mission à Madagascar vient le confirmer. C’est en 1820 que les

missionnaires britanniques (Gallois) Jones et Griffith débarquent dans la grande île. Dès leur arrivée ils se mettent à apprendre la langue malgache et à traduire la Bible. En 1830, non seulement la langue malgache est fixée (jusque-là elle avait été uniquement orale), mais le Nouveau Testament est traduit en entier.


Mais en 1835 une nouvelle reine – Ranavalona I – monte sur le trône. Farouche paienne

elle expulse les missionnaires et se met à persécuter terriblemnent les chrétiens qui ne sont pourtant que 200 baptisés. Son palais est situé sur la plus haute colline d’Antanarivo. Elle enveloppe les chrétiens dans de grandes nattes et les fait jeter du haut des falaises... Il y eut beaucoup de martyrs. Pourtant les Chrétiens persévèrent et se réunirent en cachette et dans les bois pour prier et lire la Bible. Et l’Eglise, malgré la persécution, grandit. (Un film a même été tourné il y a quelques années, intitulé : le livre qui ne pouvait pas brúler et qui raconte cette histoire bouleversante et héroique.)


En 1861, à la mort de la reine Ranavalona I, la reine qui lui succède permet aux

missionnaires de revenir. Ceux-ci pensaient ne rien retrouver de leur œuvre passée, mais, à leur grande surprise, c’est une Eglise plus nombreuse et plus vivante qui les accueille. La progression devient alors fulgurante: en 1867, le nombre des Chrétiens est de 27 000; en 1894, à la veille de l’arrivée des Français, il y avait 137 000 élèves dans les écoles primaires, 1 école normale et 2 écoles secondaires. Tout en langue malgache, et se rèunissant dans les locaux de 1’Eglise bien sûr ; (généralement dans les temples qui avaient une double fonction: le culte le dimanche et l’école la semaine). De plus, depuis 1886 une académie médicale formait médecins, dentistes, infirmiers et une première génération d’intellectuels collaborait à des revues éditées en malgache. L’Eglise était à la fois biblique et populaire.


On peut se demander ce qu’il serait advenu si Madagascar était restée indépendante.

L’Eglise se serait très probablement encore beaucoup plus développée. Mais dès le début de la colonisation plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement colonial comme l’interdiction de faire l’école dans des lieux de culte (car il faut être «laic ») et tout l’enseignement devait être non plus en malgache mais en français, si bien qu’en 1937, donc 40 ans après l’arrivée des colonisateurs, il y avait moins d’enfants scolarisés qu’en 1890 !!


Conclusion


L’histoire de l’Eglise en Afrique et à Madagascar doit faire réfléchir, surtout nos Eglises

protestantes en cette veille du 500° anniversaire de la Réforme : Une Eglise sans Bible et sans racines populaires meurt, tandis qu’ une Eglise qui a les deux vit et se développe.


La Réforme est née d’un retour à l’Ecriture (sola scriptura). Quel est notre rapport à la

Bible aujourd’hui ? Celle-ci est-elle encore l’autorité souveraine en matière de foi et de vie ? Je fais partie du Conseil d’Administration du Musée du protestantisme dauphinois au Poët-Laval en France. Un de nos guides m’a rapporté l’histoire suivante: A une famille venue visiter le musée, il a expliqué l’histoire des huguenots, leur amour de la Bible etc. Et à la fin de la visite une fillette d’environ 10 – 12 ans l’a pris à part et lui a demandé :


C’est quoi une Bible? C’est quoi un chrétien?


C’est un exemple peut-être extrême... Mais dans nos églises issues de la Réforme, la

Bible est-elle encore lue ? Est-elle encore mise en pratique ?


La parole d’Esaie 8.20 n’est-elle pas plus actuelle que jamais :

A la loi et au témoignage !

Si l’on ne parle pas ainsi,

Iln’y aura point d’aurore pour le peuple.


L’histoire de l’Eglise en Afrique nous pose une deuxième question:

Une Eglise sans racines dans le peuple, ne survit pas.


Là encore la Réforme nous interroge. Ce fut un mouvement qui a atteint non

seulement de grands intellectuels mais aussi le petit peuple. Il n’y a qu’à penser aux petits paysans cévenols qui ont résisté aux troupes du roi soleil.

Il nous faut réapprendre à transmettre l’Evangile éternel dans un langage qui rejoint le

peuple, et dans une vie de fidélité et d’amour qui couvre tous les aspects de la société.


C’est un défi énorme. Mais un défi enthousiasmant.


J’ai été frappé par le mot d’ordre écrit à l’ entrée d’une Eglise méthodiste à Pretoria :

Without vision the people perish ( Prov.29.18)

Without passion the vision dies.


Dans tous les domaines de la vie, ayons une vision et une passion!

 
 
 

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