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L’importance de la Croix

  • Jul 31, 2025
  • 9 min read

Updated: Aug 25, 2025


The meaning of the cross.

Esaïe 53. 1-7; 1 Cor. 2.1-5 ; 1 Pi.2. 22-25. - Predication


Que vous alliez à Sydney, Johannesburg, Séoul, Rio de Janeiro, Kinshasa

ou...Lausanne, chaque fois que vous voyez une croix sur un bâtiment vous pouvez être sûrs que c’est un lieu de culte chrétien. Ce bâtiment peut être une magnifique cathédrale gothique, un monastère byzantin ou une simple salle dans un faubourg populaire, mais vous savez que des chrétiens se réunissent là. Ces fidèles peuvent être catholiques, réformés, orthodoxes, baptistes, coptes ou pentecôtistes, ils peuvent parler allemand, coréen, lingala, suédois ou russe, mais la croix est ce qui les identifie et les rassemble. Oui, malgré leurs différences, leurs particularités, leurs divisions et.. hélas, leurs conflits, toutes les églises reconnaissent la croix comme le signe caractéristique du christianisme. Il n’est pas inutile de rappeler cela en ce temps de la passion.


Pourtant, à première vue, cette constatation est étonnante et même choquante. La

croix était un instrument de torture et un signe de honte et d’infamie au 1 siècle de notre ère. Les Romains ne pouvaient oublier ce qui s’était passé en l’an 71 avant Jésus Christ lors de la révolte de Spartacus qui avait fait trembler Rome et où l’on avait crucifié 6000 esclaves. Quant aux Juifs et aux premiers chrétiens ils avaient encore en mémoire les horreurs de la prise de Jérusalem en l’an 70 où le futur empereur Titus avait fait crucifier tellement de gens que l’historien Flavius Josèphe a pu écrire: à peine pouvait-on suffire à faire des croix et trouver de la place pour les planter. Pourquoi donc choisir la croix comme emblème pour l’Evangile qui est un message de paix, d’amour, de pardon et d’unité ? Ce n’est pas pour rien que l’apôtre Paul dit aux corinthiens que la croix est une folie pour les paiens et un scandale pour les Juifs. (1 Cor. 1.23) Et on peut le comprendre :Que diriez-vous mesdames d’arborer autour du coup un bijou en or, représentant une guillotine ou une potence ? Or la croix était l’équivalent de cela au premier siècle. Et même bien pire encore !


Mais l’Eglise a très vite compris que dans ce drame de la croix – car la croix est

réellement un drame – réside le cœur et le centre de l’Evangile. Et que ce drame est aussi une bonne nouvelle et une victoire car c’est là que nous pouvons comprendre qui est Dieu en vérité, pourquoi Jésus est venu sur la terre et pourquoi nous avons besoin de lui. C’est là aussi que nous pouvons comprendre qui nous sommes en réalité.


La Croix nous révèle d’abord que Dieu est amour et que nous sommes vraiment aimés

de lui. Même, comme dit l’apôtre Paul aux Ephésiens, aimés d’un amour qui surpasse toute connaissance (Eph.3.19). Comme Jésus lui-même l’a dit à ses disciples : Il n’y apas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15. 13). Cet amour a bouleversé l’apôtre et a changé sa vie. II sait que ce n’est pas un amour théorique et vague, mais un amour personnel et précis. II le dit aux Galates : Le Fils de Dieu m’a aimé et s ‘est livré lui-même pour moi. (Gal.3.20).


Le Fils de Dieu m’a aimé. Paul sait qu’il a été un homme violent, qu’il a persécuté les

premiers chrétiens et qu’il a du sang sur les mains. Il sait aussi qu’il a un caractère bien trempé et quil lui arrive de se disputer même avec ses meilleurs amis comme Barnabas. Il est même tellemnent convaincu d’être un homme pécheur qu’il s’estime être le premier d’entre eux ! (1 Tim. 1. 13). Et voici quil découvre que le Fils de Dieu qu’il a blasphémé et contre lequel il a combattu de toutes ses forces, l’aime lui, tel quil est ! cette première découverte bouleversante est suivie d’une seconde qui l’est encore davantage : le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même. Il a accepté la pire des humiliations et la plus grande des malédictions. Il ne s’est pas contenté de quitter la gloire du ciel pour s’incarner dans une chair semblable à la nộtre ce qui dejà était une incroyable preuve d’amour- mais il a été jusqu’ à accepter la mort. Librement. II le dit: personne ne m’ôte la vie, je la donne de moi-même (Jean 10.18). Et quelle mort ! La plus infamante de toutes : celle de la croix.


Enfin l’émerveillement de l’apôtre est à son comble quand il réalise quil est, lui, l’objet

de cet amour : Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. Paul comprend que même s’il avait été seul au monde ou seul pécheur au milieu d’une humanité innocente, Jésus serait venu pour lui et la croix aurait été dressée pour son salut, car Dieu veut qu’aucune brebis ne se perde.


Mais ce n’est pas seulement pour l’apôtre Paul que cette parole est vraie, elle l’est

pour chacun de nous, Comme le dit t’épître aux Romains : Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. (Rom.5.8). Pour chacun de nous. Qui que nous soyons. Quoi que nous ayons fait. Quel que soit notre passé. Y a-t-il une catégorie d’hommes ou de femmes dont Dieu dise : « pour eux ça ne vaut pas la peine d’envoyer mon Fils ? » Y a-t-il des personnes à qui Jésus dit: « je ne suis pas monté sur la croix pour vous? » Non, bien au contraire, et nous le savons bien, Jésus appelle chacun: Venez à moi, vous tous...


Quand nous comprenons cela, nous comprenons aussi quelle est notre valeur aux yeux

de Dieu. Vous voulez savoir quelle est votre valeur aux yeux de Dieu? Ecoutez l’apôtr Pierre: Vous avez été rachetés, non par de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ (1 Pi.2.19). C’est ce que I’histoire des deux billets racontés tout à l’heure voulait faire comprendre: Même si nous avons l’impression d’être comme un vieux billet, tout froissé, tout fripé ou tout sale, nous avons une valeur inestimable aux yeux de Dieu. Une telle valeur qu’il n’a pas hésité à envoyer son Fils bien-aimé mourir, pour nous. Quel amour, mon Dieu quel amour ! Y en a-t-il jamais eu de plus grand ?


Mais la croix nous fait également comprendre, et tout aussi fortement, que Dieu est un

Dieu saint. Et même trois fois saint comme dit l°Ecriture. Le péché et le mal lui sont insupportables, ils ne peuvent trouver place en sa présence: ses yex sont trop purs pour voir le mal dit le prophète Habaquq (1.13). La bonté de Dieu ne fait pas de lui un être indulgent et bonasse comme ses parents faibles qui laissent tout faire à leurs enfants sans jamais les reprendre. Pauvres parents que ceux-là. Et pauvres enfants aussi dont c’est le plus sûr moyen d’en faire des enfants frustrés, malheureux et parfois délinquants. Non, Dieu n’est pas ce « bon Dieu », indifférent au mal et qu’on peut manipuler à sa guise. II n’est pas ce dieu dont Voltaire disait : «il pardonne, c’est son métier ». Oui, il pardonne, mais le mal, mais le péché doit être expié, car Dieu est saint. Et c’est cela aussi que révèle la croix. On parle beaucoup de I’amour de Dieu aujourd’hui, mais parle-ton encore de sa sainteté. Parler de l’amour de Dieu sans parler aussi de sa sainteté ce n’est pas parler du Dieu de la Bible. L'Ecriture mentionne sa sainteté quasiment aussi souvent que son amour. Et c’est, je pense, une des raisons de la faiblesse de nos Eglises en occident que de parler de l’amour de Dieu sans parler de sa sainteté.


Dans la Bible, l’amour de Dieu est toujours indissolublement lié à sa sainteté. Saint,

saint, saint est le Seigneur disent les séraphins qui se tiennent au-dessus du trône de Dieu. Devant cette révélation, le prophète Esaie ne peut que s’écrier: malheurà moi, je suis perdu car je suis un homme dont les lèvres sont impures. (Esaie 6.5) Esaie se rend compte que devant cette sainteté il ne peut subsister tel qu’il est. Malgré toute sa bonne volonté, malgré tous ses efforts pour s’améliorer, il reste un pécheur. Tout prophète qu’il est; Il a besoin d’un Sauveur. Et c’est ce qu’il entrevoit et même qu’il prophétise dans le fameux chapitre 53 que nous avons lu tout à l’heure et qui est une annonce de l’euvre de Jésus à la croix. : Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui, et c’est par ses meurtrissures que nousommes guéris, que nous sommes sauvés. (Esaie 53.5).


Oui, quelle admirable prophétie de la croix, d’autant plus admirable qu’elle a été

donnée plusieurs centaines d’années avant la venue de Jésus. Car que s’est-il passé à Golgotha ? L’apôtre Pierre le dit : Christ a porté nos péchés en son corps sur le bois (1 Pi.2.24). Encore une fois Dieu est saint. Ses yeux sont trop purs pour voir le mal. Son Royaume n’est pas un moulin dans lequel on entre n’importe comment. Dans une de ses paraboles dites précisément du Royaume Jésus précise bien que nul ne peut entrer dans la salle des noces avec un habit souillé (Mat.22. 11). Or, comme le dit encore Esaïe: toute notre justice est comne un vêtement souillé (Es.64.5). Comment avoir un vêtement propre, un vêtement lavé, un vêtement neuf qui nous permette d’entrer dans la salle des noces ? Oui, comment être lavé de nos souillures, pardonné de notre péché ? Qui sera assez juste pour satisfaire la justice et la sainteté de Dieu ? Il n’y a pas de juste, pas même un seul rappelle l’apôtre Paul en citant les psaumes 14 et 53. Comme le dit un théologien anglais : « le pardon est pour l’homme le plus impérieux des devoirs et pour Dieu le plus crucial des problèmes ». Et Dieu résout ce problème en prenant sur lui, en Jésus-Christ, le seul juste, le poids et la conséquence de nos fautes.


« La croix est le seul endroit où le Dieu d’amour, de miséricorde et de compassion se

révèle de telle manière que sa sainteté et son amnour nous apparaissent tous deux comm également infinis. » souligne John Stott. A la croix il y a eu un échange, Jésus, le seul juste, prend sur lui notre vêtement souillé et il nous donne Sa justice. C’est ce que les théologiens appellent la mort substitutive de Jésus. Il prend notre place et nous donne la sienne. Martin Luther l’a bien compris quand il dit cette parole souvent citée: « Jésus, tu es ma justice et je suis ton péché ».


C’est le coeur du message de la Réforme. Ma justice ne vient pas de moi-même, de

mes efforts, de mes euvres, car tout cela n’est qu’un vêtement souillé. Elle vient de Jésus, le seul juste, qui sur la croix a pris mon péché et m’a donné Sa justice. Comme le dit le refrain de ce merveilleux cantique : torrents d’amour et de grâce. Covert par ta justice, j ‘entrerai dans le saint lieu.


Au chapitre 7 de 1’Apocalypse I’apôtre Jean raconte la vision qu’il a eu du Royaume de

Dieu: II voit une grande foule de toute nation revêtus de robes blanches. Et il entend une voix qui lui dit: ce sont ceux qui ont lavé leurs robes et les ont lavées dans le sang de l’Agneau. C'est bien sûr, un rappel de Golgotha. Un peu plus loin, au chapitre 22 – et c’est la conclusion du livre, et même de toute la Bible – il nous est dit Heureux ceux qui lavent leurs robes afin d’avoir part à l’arbre de Vie. (Ap. 22. 14). C’est la dernière béatitude de la Bible. Il y en a beaucoup des béatitudes dans la Bible, tant dans l’A.T. que dans le N.T. et celle-là en est l’apogée et les résume toutes. Oui, grâce à la croix de Jésus où il prend mes fautes et me donne son pardon et sa justice j’ai accès à la salle des noces du Royaume de Dieu. C’est cela la Croix, elle transforme le drame en Victoire.


Quand Saul de Tarse a compris cette vérité, ça a tellement changé sa vie que

désormais ce fut le cœur de son message partout où il est allé: Quand je suis allé chez vous dit-il au Corinthiens, je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose gue Jésus-Christ, e Jésus-Christ crucifié. (1 Cor. 2.2) Et il conclut son épitre aux Galates par cette déclaration: loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésu Christ. (Gal. 6. 14.).


N’est-ce pas ce message là que nous avons encore à annoncer aujourd’hui ? Tant de

gens se sentent mal dans leur peau, tant de gens souffrent de problèmes d’identité et se sentent seuls, incompris inutiles semblables à un billet tout froissé, comme on le disait au début, la croix vient leur dire : mais non tu as de la valeur. Tellement de valeur que Jésus est venu pour toi aussi. A la croix cet échange est aussi pour toi. Il prend ta misère, tes complexes, tes fautes et il te donne sa justice. Accueille-le.


Alors, toi aussi tu peux dire: couvert par ta justice j’entrerai dans le saint lieu.


Amen

 
 
 

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